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  • TERRE DE FAIENCES



    Exposition prolongée jusqu'au 16 décembre 2012 au Musée Archéologique de Lattes



  • Reconnaissance

    Un homme, trois générations

    Hommage à Paul ARTUS..."UN CERAMISTE A MONTPELLIER"

  • Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

    Avant de présenter l'artisan, nous évoquerons cette tradition Montpelliéraine et l'oeuvre de Paul Artus, qui la perpétue et en assure la pérennité. Les Faïences de Montpellier: deux siecles et demi de prestige. L'apogée de la faïence de Montpellier: la Manufacture Royal d'Ollivier. Célébrée dès le XVème siècle, la poterie montpelliéraine dite "Vieux Montpellier" a connu son apogée au XVIIIème siècle, lorsque la fabrique fondée en 1717 par le potier J.Ollivier devient Manufacture Royale en 1725.
    Implantée Faubourg du Courreau à Montpellier, la Manufacture Royale rayonne zlors avec ses 600 ouvriers, et elle marquera de son empreinte les autres centres faïenciers du midi de Marseille et de Moustiers. Dès lors, la voque des émaux, jaune päle ou dominaient les petits bouquets au violet de manganèse, devait s'étendre à des nombreux pays où les remarquables services de tables, poteries pharmacetiques etc ...étaient toujours plus appréciées. L'Amorce du déclin et le rôle d'André Philip: D'autres artisans peuvent s'associer néanmoins à Ollivier, dans le développement et le prestige qui a été donné au niveau européen à cette faïence.

    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

    Mais c'est André Philip (1) qui fit survivre un temps la faïence montpellieraine dite "au grand feu" de 1755 à 1805. C'est grâce a lui, que Montpellier doit d'avoir survécu et résisté à la technique du "petit feu" et à la concurrence étrangère, celle des Anglais et des Italiens, où des artisans furent sacrifiés par les Traités de Commerce (2). "Le Petit feu", technique nouvelle, survint adopté par les rivales de Montpellier, accélérant le déclin.Les faïenciers du Languedoc, rejetaient alors, la mièvrerie d'un décor qui jurait avec les formes robustes de pièces tournées par eux. Le sens du vrai, de l'équilibre, empêcha Philip et ses compagnons de fignoler l'émail cuit avec un pinceau à trois poils...
    L'adaptation d'André Philip consista à répandre des fleurs rustique sur les soupières, vases etc ... et sur toute une production utilitaire qui possédait dans sa simplicité une élégance fournie par l'adaptation de la forme à l'usage. Parfois, la tradition du potier cède le pas à la mode ou à la nécessité économique... Après avoir bordé ses faïences d'une bande jaune, il remplaça le champ d'émail blanc, cher au montpelliérain par un fond jaune où sépanouit la flore (iris, tulipe, pensée, jacinthe..) Malgre l'adaptation du "grand feu" avec Philip, le XIXème siècle vit diminuer le nombre de potiers montpellierains et disparaître pratiquement une production que les musées se disputaient.

    (1)D'après l'Historien Jean Thuile "la céramique ancienne à Montpellier "-1943
    (2)Cette technique supplantera celle du "grand feu", grâce notamment à une palette de couleurs plus étendues, et à une technologie plus évolutive. En effet, l'archaïsme et les méthodes routinières firent les frais de cette vogue, de cette tecbique, fatale aux artisans languedociens.


    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

    Le renouveau : de 1907 à 1942 C'est en 1901, un siècle après cette industrie qui avait quasiment disparu, qu'à la suite de recherches et de travaux spéciaux de Monsieur J.Brezet, cet art local fut rénové. Ce fut également sous une impulsion énergique à laquelle s'associa le Conseil Général du l'Hérault (1) que fut créée, 10 rue du plan d'agde, une école d'apprentissage.
    C'est de cette école qu'est née en 1907, la première nouvelle faïencerie de Montpellier, dénomée: Faïencerie de Font-Carrade.Pourvue des aménagements les plus modernes de l'époque, Monsieur Dussol son propriétaire jusqu'en 1920, repris les traditions du Vieux Montpellier où seule l'argile de la région était employée. Après bien des problèmes, marqués notamment, par une faiblesse d'activité, Font-Carrade est acheté en 1920 par Monsieur Michelon, bijoutier très connu aujourd'hui à Montpellier. Il lui donnera un certains dynamisme, grâce à un bon faiseur, dénommé Mistrangellot (2).

    (1)Extrait du "guide de l'Hérault" ? 1910
    (2)Rapporté à la suite d'un entretient par M. Artus


    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

    L'arret de Font-Carrade et le création de l'atelier de Paul Artus à Montpellier En 1942, en pleine guerre, Font-Carrade est transformé en école (centre artistique) dans le cadre de la Charte de Pétain.Les céramistes comptant naturellement parmi les plus réputés du Midi sortent de Font-Carrade.En 1946, l'école est transformée en Centre de Formation Professionnelle acclérée (durée de stage de 9mois. Hérésie diront certains à l'époque...(1) Finalement, faute de crédit et à la suite de l'appropriation par les Beaux Art du moniteur de Font-Carrade, (2) le Centre est supprimé en 1950, après dispertion des fours et de l'outillage.
    Monsieur Paul Artus, puisque c'est lui qu'il s'agit de présenter ci après , sortira de Font-Carrade. Il crée son atelier après ses premières productions en 1947.Il s'inscrit le 1er Janvier 1948 au Registre des Metiers sous le numéro 5173. Avant de présenter son oeuvre, un petit historique, nous eclairera mieux sur l'homme, son temperament et à travers cela l'évolution de sa carrière professionnelle.

    (1)Référence à un article de la vie des Métiers d'Art du 06 Octobre 1958
    2)D'après un entretien avec Paul Artus.



    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

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  • Un artisan pas comme les autres (historique) C'est en effet, un personnage singulier, attachant même que Paul Artus ... Il est né le 23 Décembre 1914 à Montpellier, au début de "La Grande Guerre". Très jeune, il montre un véritable talent pour le dessin.Il exercera le métier de peintre décorateur jusqu'en 1940. Sa passion du métier le conduira d'ailleurs, à suivre les cours du soir, à l'école des Beaux Arts à Montpellier où il se perfectionnera.
    En 1940, c'est la guerre et la captivité...Prisonnier, il continuera animé par une foi inébranlable, avec des moyens d'une ingénieuse fortune, à créer des peintures. A la libération, dès le 27 Novembre 1945, il expose à la galerie Favier une partie de ses peintures produites en captivité.La critique de l'époque dira que "ces paysages et ses aquarelles sensibles aux finesses de la couleur, reflètent l'impression gris d'une terre étrangère". Et pourtant, cette même critique dira qu'elle voit émerger chez P.Artus quelque chose de nouveau qui se caractérise par de l'enthousiasme, de la joie de vivre.
    L'expression de ce comportement va se retrouver dans la création de la faïence. Il dessinera des fresques sur ces faïences, avec beaucoup plus de lumière et d'élan pour effectuer les premières décorations sur le Vieux-Montpellier. Paul Artus puisera ainsi dans la peinture pour faire éclater sont talent de céramiste.

    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

    Voyons maintenant, après la création de son atlier le 1er Janvier 1948 quelles sont les étapes qui ont marqué son oeuvre. L'oeuvre, la carrière professionnelle de P.Artus Il s'agit de présenter un résumé des oeuvres relatives aux principales étapes de 30 ans de céramiste.Nous dirons qu'il existe à notre avis trois grandes étapes marquantes dans l'oeuvre d'Artus jusqu'à nos jours. Bien qu'il paraisse singulier de découper une oeuvre, il est un fait que chaque étape est un maillon qui forme un tout, et montre le long chemin parcouru.

    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

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    La première étape commence dès 1948.Nous la qualifierons d'apprentissage, à la recherche de la technique passée.Pour P.Artus, tout devient possible: il importe de dominer tout d'abord le technique - tournage, modelage, émaillage, cuisson - d'avoir du métier, pour enfin maitriser la forme et exprimer ensuite son art. Paul Artus ne dit-il pas à qui veut bien l'entendre que "du talent sans métier, c'est néant...tout comme d'ailleurs (selon lui), du métier sans talent". La presse de l'époque dira par la "voix de la patrie", le 04 juin 1950 "il faut souhaiter en partant de la tradition populaire qu'Artus ait la possibilité materielle de poursuivre des recherches déjà riches en substantiels résultats".
    Cette première étape durera une dizaine d'années, selon Artus, avant que s'épanouisse avec son talent et son tempérament la création véritable de son oeuvre. Nous citerons pendant cette période, outre les vases, pichets, aux formes classiques, une parenthèses dans l'oeuvre avec un style rappelant l'antiquité grecque.Mais, il faut signaler comme oeuvres marquantes un Christ en céramique (1953), le chemin de Croix de Grabels (1952). Cette époque, sera sans doute la plus difficile, mais aussi la plus palpitante pour l'homme, car elle entrait dans le modernisme et semblait oublier un passé dont les pièces ne présentaient pas une fonction d'usage essentielle (métal).

    La deuxième étape (de 1957 à 1970) sera celle de l'épanouissement de la technique de la création de pièces de vieilles faïences.Entendons par là, qu'il ne s'agit pas de copies de pièces authentiques se trouvant dans les musées, mais d'oeuvres originales inspirées de certains arts qui fit la gloire de ntore ville avec la technique dite du "grand feu".Artus possède d'ailleurs une technique sûre de cet art délicat et patient qui s'exprime sans révolution dans la forme.Par contre, c'est dans la décoration, l'execution des motifs, leur inspiration et surtout le choix des coloris et des nuances où s'exerce l'originalité de l'artiste. On trouve dans son oeuvre des plats, des aiguières, des chevrettes, des pots de pharmacie, que Paul Artus a longuement étudié et dont il a parfaitement assimilé la forme, le style de décoration et les éléments spécifiques de celles-ci.
    Qu'il s'agisse de la fameuse faïence sur fond jaune ou de celle bleue sur fond blanc qui est antérieure et peut être même supérieure en qualité, les objets exécutés révèlent une grande conformité avec les modèles anciens et un dépassement dans l'harmonie des tons. Paul Artus réalisera également des pièces inspirées des grandes Ecoles de Faïenceries des temps passés (Luneville, Marseille, Rouen ...). Cette deuxième époque illustrées parallèlement à lépanouissement de son métier, montre que Paul Artus devient en quelque sorte le chef d'école, puisqu'il travaille avec son fils Pierre, dont le talent de tournage est certains. Assurer la pérennité de l'affaire familiale ne semble pas poser de problèmes puisqu'il est lauréat en 1958 de l'Exposition des Métiers d'Arts à Paris.Il obtient une médaille d'Argent a l'Exposition des Arts et Technique de l'Artisanat à Paris en 1961.

    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

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    Plus que jamais Artus fait à travers ses oeuvres une synthèse harmonieuse de ses qualités de peintre et de céramiste. Parmis ses oeuvres de l'époque nous citerons: 1968, les panneaux miraux à l'usine Gelbon (Montpellier) La décoration de la chapelle d'Agde La décoration de l'Hôtel des Impôts (Beziers)

    La troisème étape: c'est celle de la reconnaissance, de la gentillesse, qui ont certes toujours existé au niveau de l'accueil, mais qui s'expriment d'une autre façon.En 1971, Paul Artus initiera des institutrices à l'école maternelle du Petit Bard aux diverses techniques de son métier.Il accueillera également des écoles dans son atelier.Aujourd'hui, en cette fin d'année 1978, Paul Artus va partir à la retraite.Son fils Pierre, son gendre, assureront la pérennité de l'atelier et de la faïence du Vieux Montpellier.
    Gageons que la tradition se continue encore longtemps et qu'elle ne sera pas interrompue, comme jadis.On pourrait dire à la suite de Thuile (1) qu'il n'y a pas de noblesse possible sans tradition.Disons, en conclusion, que grâce à Artus, on a restitué à notre ville, sa fabrication antérieure pour dégager désormais un style autochtone.

    (1)d'après l'historien Jean Thuile "la céramique ancienne à Montpellier"- 1943

    Atelier Artus Sifre faïencerie de Montpellier

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